Dossier Tissu : La tête ou les jambes

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Attention la tête !

© Photo R.A.N.

© Photo R.A.N.

Le couvre-chef ne répond pas toujours à des codes esthétiques et ne fait pas nécessairement office de symbole identitaire. Il lui arrive d’être tout bêtement fonctionnel. Voyez les marcaires de la vallée de Munster. On peut être surpris par la calotte ronde, tout en cuir, portée par ces habitants. En réalité, elle sert surtout de protection. Les poutres basses ne manquent pas dans les fermes d’altitude et comme les Munstériens (et non les Munstérois) ont vu venir le coup, ils ont imaginé cette coiffe pour les protéger de l’impact avec les poutres en question, lorsqu’ils entraient dans l’étable pour voir si les vaches vosgiennes n’avaient besoin de rien ou si les chèvres ne s’escrimaient pas entre elles à coups de corne. Ils en ont là-haut, dans la vallée !

Extension du domaine de la coiffe

Le portrait le plus célèbre grâce auquel on peut mettre un visage sur une région est sans conteste celui de « La Belle Strasbourgeoise », œuvre de Nicolas de Largillière, l’un des portraitistes les plus célèbres du siècle de Louis XIV. La spécialité de l’artiste étant d’immortaliser sur toile les people de son époque. Et devinez quel est le plus fameux de ses portraits ? Celui d’une belle Strasbourgeoise parée d’un costume somptueux en provenance de la « lointaine province ». C’est ainsi qu’on appelait l’Alsace d’alors. Finesse des étoffes, jeu des rubans, magnifique rendu de la palette chromatique, le portrait fit fureur parmi les élégantes de la cour du Roi-Soleil. On admira par dessus tout l’extravagant bicorne garni de dentelles noires aux interminables extrémités. Qui ne pouvait être porté ailleurs que dans les spacieux salons de Versailles, faute de quoi la belle aurait bien pu être retenue par les pointes de son chapeau bloquées par les encadrements de portes.
Pour la petite histoire, nul ne sut jamais qui servit de modèle à l’artiste. Une vraie Alsacienne, une comédienne ou la sœur même du peintre ? Le rêve lui reste entier.
Pour l’admirer, se rendre au musée des Beaux-arts de Strasbourg installé dans le Palais Rohan.

Informations & réservation

Tél : 03 88 88 50 68

Site Internet

www.musees.strasbourg.eu

Focus

Tendance Rock ou Kutt ?

Non, ce ne sont pas là des néologismes inspirés de modèles anglo-saxons pour geeks attardés noyés dans l’enfer urbain du village global. Le « Rock » est le nom donné tout simplement à la jupe alsacienne il y a deux siècles, tandis que le « Kutt » désigne la jupe catholique, plus longue, visant la cheville. Les jupons qui dépassaient souvent de 5 à 10 cm sous la jupe provoquaient la colère des ecclésiastiques. Pardonnez-leur, Seigneur, elles ne savent pas ce qu’elles font. Alors, êtes-vous Rock ou Kutt ? Une question à poser à votre voisine de table lors de vos prochaines soirées branchées alsaciennes. Pour en savoir plus. A télécharger en format pdf, un condensé texte et image des modes vestimentaires made in Alsace via le site www.tourisme-alsace.com en tapant « costumes » dans le champ « rechercher » puis en cliquant sur l’icône de la loupe qui fera le reste pour vous.