Le Peckeresel, effacé mais il ne manque pas de sel

© N. Brunet
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Last but not least. L’âne qui marche dans les pas de nos VIP de Noël n’est en rien un personnage secondaire. Bien au contraire.

Mais d’où vient ce nom étrange ? De l’association de « Peck » (bec) et de « Esel » (âne) est né le Peckersel, personnage jadis incarné par un volontaire – pour faire l’âne – portant un masque en toile de chanvre ou de jute avec des oreilles bien dressées rembourrées avec de la paille.

On le connaît comme assistant de Saint Nicolas ou de Christkindel, à l’heure de la distribution des pains d’épices et autres délicatesses régionales. Mais quand on creuse son profil, l’image devient nettement plus complexe. Ce serait un familier des chevauchées sauvages de Wotan, dieu germanique de la nuit et des morts. En cela, également, un double de l’inquiétant Hans Trapp. Regardez-les tous les deux et vous comprendrez : ils sont couverts de fourrure, ils ont la démarche lourde, ils transportent de pesants sacs sur leur dos et sont sanglés de chaînes et de courroies. Et ce n’est pas tout. Savez-vous que Christkindel, selon certaines traditions, avait pour habitude de jeter les enfants désobéissants dans le panier porté par son adjoint aux longues oreilles ?

Récapitulons : le Peckeresel porte deux sacs sur son dos. L’un contient des friandises et l’autre, selon des documents authentiques, des verges destinées aux enfants pas sages. Encore plus fort : le sac, qui symbolise la matrice, à la fois donne et prend la vie. L’âne porte donc, sur le dos, la machinerie universelle qui régit les cycles de vie et de mort.

Qui l’eût cru de la part d’un quadrupède réputé stupide et que l’on n’entend jamais ? Il en fait moins que tous les autres et cependant il est à la source de toute chose. Pas people pour un sou mais aux commandes de la roue éternelle qui brasse les destinées. Le Christ lui-même savait, quand il pénétra triomphalement dans Jérusalem sur le dos d’un âne, que sa monture en avait sous le capot. Précédé en cela par le roi Salomon, lui aussi adepte du très tendance donkey riding. Définitivement, notre coup de cœur va au Peckeresel qui assure à tous les niveaux.



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Focus

On l’avait oublié !

« Et le Père Noël dans tout ça ? ». Oups... C’est vrai qu’il s’est plaint qu’on l’oubliait dans un courriel envoyé depuis la planète Laponaris où on fait chauffer depuis un moment les moteurs de sa navette, alimentée au bois de renne interstellaire. Il réclame à cor et à cri qu’on libère de toute urgence des cheminodromes pour se faire téléporter sur les maisons à colombages où la fête bat son plein. Too bad pour lui ! Les unités aériennes d’élite, les Becs Rouges de la Sky Force, équipées de modules W3 (Wide Wight Wings), ont déjà squatté tous les cheminodromes d’Alsace. Il pourra toujours tenter sa chance un peu plus tard. Disons… dans quelques… années lumières.