Dossier Tissu : L’Alsace, un vaste podium

© Citeasen - Cyril Hanebna
© Citeasen - Cyril Hanebna
A-  |  A+
Outre-Forêt, Pays de Hanau, Kochersberg, Sundgau, Alsace Bossue… Le patrimoine vestimentaire de la région est aussi varié que ses villages. Une enseigne située à Strasbourg veille à l’authenticité du savoir-faire qui l’accompagne.

Autre gardienne du temple des tissus et costumes alsaciens, la boutique installée rue des Bouchers est une maison spécialisée depuis des décennies dans les tenues traditionnelles et les fournitures pour costumes régionaux. Plus qu’un capital à remiser dans de vieux meubles, les vitrines de musées ou même un dressing, il s’agit d’un patrimoine immatériel. En effet, le costume alsacien est riche de sens et il n’est pas un détail de l’habillement qui ne traduise une appartenance à un groupe social, une confession, une catégorie d’âge, un métier ou une tradition villageoise. La forme d’une coiffe, la manière de nouer un ruban de tablier, les boutons d’un gilet, les couleurs des jupes, tout ceci constitue un langage précis que des artisans, danseurs, chercheurs, couturiers n’ont de cesse d’explorer et de faire vivre car la matière est à la fois immense et passionnante.

Plastron

© Photo R.A.N.

A la mesure de la variété et de la multitude des costumes répond l’activité, au fil du calendrier, des groupes folkloriques exaltant par la danse, la musique et la chanson la beauté des tenues. Les fêtes villageoises qui émaillent le cours de l’année sont aussi l’occasion de sortir les costumes qui ne connaissent pas vraiment la naphtaline. Tant pis pour les mites ! Sans parler des fameux mariages où paradent les heureuses propriétaires des plus beaux costumes qui soient en la personne des mariées elles-mêmes, objets de toutes les admirations. Le grand mariage paysan est célébré ainsi un dimanche, sur la place publique, précédé par un magnifique cortège, et le clou de la fête reste toujours la danse des mariés. A ce titre, les festivités qui entourent le « Mariage au bouquet » de Seebach est un incontournable du genre.


Focus

Cachez moi ce sein…

Le plastron compte parmi les pièces les plus raffinées du costume alsacien. Destiné à cacher l’échancrure du corselet, il ne manque pas pour autant d’attirer les regards par le travail somptueux qui le caractérise. Plutôt raté côté discrétion ! Cette pièce d’orfèvrerie s’appelle « devantier » chez les catholiques où il est plus petit, rigide et triangulaire. Un nœud est agrafé sur le plastron trônant sur la poitrine. Noir chez les protestants, il devient rouge, bleu ou violet chez les catholiques. Le Seigneur, lui, reconnaîtra les sien(ne)s.