Des images qui nous tombent du ciel

© C. Meyer
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Un peu d’histoire, une pincée de légende, un soupçon de mythologie. Les religions ne sont jamais totalement dénuées d’influences venues parfois de fort loin.

Avant d’attaquer notre belle galerie de portraits du Noël alsacien s’impose une rétrospective des croyances les plus anciennes, afin d’apporter un éclairage originel à la fête majeure du calendrier chrétien.

Au début, tout vient de la terre. Les grandes religions agraires (Mésopotamie, Egypte) rendent un culte au soleil qui, répandant la vie et la chaleur, assure aux hommes bien-être et nourriture. Le dieu tout-puissant du panthéon d’alors est l’astre qui rayonne sur nos têtes avec comme emblèmes le feu et la lumière. Plus tard, le christianisme conquérant va se retrouver face à ce sérieux concurrent fêté lors du solstice d’hiver, quand les jours commencent à rallonger. En 354, le pape Liberus décide de faire une petite entorse au calendrier chrétien en avançant la fête de la naissance du Christ du 6 janvier au 25 décembre. Depuis, naissance du Sauveur coïncide avec renaissance de la nature. Astucieux, n’est-ce pas ? Or le 25 décembre était le jour de la fête la plus importante du calendrier mithriaque. Mithra, dieu de la lumière, jouissait d’une grande popularité dans l’empire romain. Qu’à cela ne tienne, l’Eglise déclarera le Christ « Sol Invictus » (soleil invaincu) en lui attribuant le titre du dieu indo-européen Mithra lui-même. Le tour est joué.

Qu’importe après tout pourvu que suivent la conviction et la foi en quelques valeurs universelles comme le partage et l’entraide. Ce sera le mot d’ordre de ce dossier sur les VIP de Noël en Alsace.

Fais-moi peur H. T., j’adore ça

L’ennemi public numéro 1 du temps de Noël doit sa renommée à Wissembourg, capitale de l’Outre-Forêt. Où les habitants se rappellent chaque année à son (mauvais) souvenir.

fais-moi-peurLes incessants et assourdissants roulements de tambour ne tardent pas à couvrir tous les bruits de la rue. On voit venir en tenue sombre les joueurs de percussions n’annonçant rien de bon pour la cité. Viennent ensuite les moines aux visages épouvantés, s’égayant parmi la foule aux cris de : « Au secours ! Il arrive ! ». Entrent alors en scène les cracheurs de feu et les porteurs de bâtons enflammés. Ils sont vêtus de noir et de rouge qui, comme chacun sait, sont les couleur de Satan. Des bruits de sabots annoncent l’arrivée de cavaliers : les soldats brigands du détesté Hans Trapp, fléau de la région, qui arracha le château de Bewartstein à l’abbaye de Wissembourg. Le voici ! Plus une ombre qu’un être humain, avec sa cape noire, son bonnet de fourrure et le fouet qui ne le quitte jamais. Derrière lui, un chariot transporte une cage en bois où se bousculent des enfants terrorisés. « Aidez-nous ! Il va nous dévorer !  », crient-ils au public. Le seigneur anthropophage les menace de son fouet et leur intime l’ordre de se tenir tranquilles. Tout en menaçant d’attraper des petits dans la foule et de les jeter en cage à leur tour.

Mais un autre groupe apparaît, projetant une belle lumière qui dissipe les ténèbres flottant autour du chevalier malfaisant. Des anges gracieux ouvrent la voie à la belle Christkindel sur son carrosse décoré de tulle blanche. Acclamée par le public, elle ne tarde pas à rejoindre le Hans Trapp au cœur de la ville, sur les bords de la Lauter. C’est la seule à lui faire entendre raison. Le Hans Trapp, à ses côtés, devient doux comme un agneau et participe avec les moines à la distribution de pains d’épices et d’oranges. Les enfants sont ravis. Clou du spectacle, un magnifique feu d’artifice fait renaître la joie de vivre. On a eu peur mais… on recommencerait bien !

Rendez-vous le 22 décembre 2013


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Randonnée trop mortelle

« Hans Trapp cherchant son vieux manoir / Répand de l’épouvante / La mère se signe, l’enfant craintif prie fort ». Eh oui, la chanson populaire raconte l’âme du maréchal sanguinaire qui erre dans la forêt, soupirant après son vieux château. Sans doute parce qu’ils l’ont assez vu durant l’hiver, les Wissembourgeois organisent une randonnée très prisée pour le ramener chez lui. Le circuit va de Wissembourg au manoir de Bewartstein situé à une altitude de 300 mètres. Ce n’est pas l’Annapurna mais l’atmosphère saisissante du lieu fait le reste. Sorties prévues les 27 et 29 décembre et le 5 janvier.