Le Hans Trapp, tu assures ou il t’attrappe

© N. Brunet
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Un vrai sac de nœuds comme personnage. On aimerait céder son tour mais si on veut les cadeaux, il faut aussi passer par lui. Alors…

« Entendez-vous Messire Hans Trapp / Galopant dans la plaine ? / Il pille, il tue, il martyrise sa proie / Avec sa cohorte il n’a ni foi ni loi ».

 

 

Oubliez la – si réconfortante – présence de Saint Nicolas. L’horizon se teinte déjà de plomb et de noires nuées de corbeaux se répandent au-dessus des villages : ses yeux et ses oreilles, chuchote-t-on partout ! Tout au loin se profile la silhouette haïe de son nid d’aigle, le château de Bewartstein, à une quinzaine de kilomètres de Wissembourg. Le seigneur des lieux, de son vrai nom Hans von Trotta, fit régner la terreur au 14ème siècle sur ce pays de forêts obscures qui bordent la Lauter. De la rivière, il en déjà endigué le cours pour empêcher le flottage du bois afin, ensuite, de briser le barrage et d’inonder champs et domaines. Depuis son refuge inexpugnable, il lance ses soudards aux trousses des gens d’église, les villageois sont rançonnés, traînés dans ses cachots d’où ils ressortent le dos en charpie, trop heureux d’avoir eu la vie sauve. Les ténébreux Dark Vador ne sont rien à côté de cette âme damnée de Lucifer qui ne respecte ni anathèmes du pape ni tentatives de réconciliation de l’empereur.

De carrure imposante, cheveu hirsute, visage noirci par une barbe épaisse, il est ceinturé d’une lourde chaîne qui s’entend de loin comme une annonce de désolation. Son pas fait trembler le sol. Car il est lourd. Au propre comme au figuré. Serial killer réputé dans le royaume, sa forteresse est à l’Outre-Forêt ce que fut le château d’un certain Vlad Tepes alias Comte Dracula à la chaîne des Carpates.

C’est le visage démoniaque de la Création car il a basculé dès sa naissance du côté obscur de la Force. Mort sans jamais avoir expié ses crimes innombrables, son corps fut enfoui dans un lieu profane mais à la chapelle Sainte-Anne, on peut voir une pierre sur laquelle est gravée son effigie, dont on se détourne non sans avoir jeté une pierre dans sa direction. En priant pour que rôtisse à jamais en enfer son âme damnée qui laissa sur terre autant de désastres.



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Focus

Jean « le Pataud »

Et si ce n’était pas lui ? Certains spécialistes du folklore maintiennent que le Hans Trapp n’est pas un avatar de Hans von Trotta mais tout simplement une combinaison de deux noms fort courants : « Hans » (prénom banal en terre d’Alsace) et « trappe » qui signifie « marcher pesamment ». Jean le Balourd ! Quoi qu’il en soit, le compagnon grincheux et acariâtre de Saint Nicolas ou de Christkindel représente toujours, bel et bien, l’aspect obscur des forces qui nous gouvernent.