Grandes figures de l’imagerie alsacienne

LE HANS IM SCHNOKELOCH,
personnage folklorique haut en couleurs, raconté par la marqueterie de C. Spindler, se rinçant les yeux au spectacle d’Alsaciennes parées de leurs plus beaux atours.
LE HANS IM SCHNOKELOCH, personnage folklorique haut en couleurs, raconté par la marqueterie de C. Spindler, se rinçant les yeux au spectacle d’Alsaciennes parées de leurs plus beaux atours.
A-  |  A+
Que diriez-vous d’un périple par l’image sur les pas de Charles Spindler et de Jean-Jacques Waltz dit Hansi, tous deux mémoires picturales du folklore alsacien où le costume se taille la part du lion.

Le premier fut peintre, aquarelliste, marqueteur, écrivain, photographe… Un génie protéiforme qui arpente la région, bien décidé à coucher sur papier tout ce que l’Alsace comporte de traditions ancrées. Il veut prendre de vitesse les effets néfastes de la modernité et pousser jusqu’aux vallées les plus reculées du massif vosgien pour sauver ce qui peut l’être des aspects ayant marqué le pays avant 1900. Il en sortira une somme remarquable, véritable ouvrage de référence intitulé : « Costumes et coutumes d’Alsace, comportant plus de 200 illustrations. Les bibliophiles pourront toujours tenter d’acquérir (au prix fort) l’édition originale datée de 1902, coéditée avec son compère Anselme Auger avec qui il créa la Revue alsacienne illustrée. Fort heureusement, les non collectionneurs trouveront des éditions plus récentes à des prix qui ne mettront pas à mal leur porte monnaie. Ainsi « Ceux d’Alsace » ou « Une Alsace 1900 », illustrés d’images en couleur, en noir et blanc et de photographies (Ed. la Nuée Bleue).

© Photos R.A.N.

© Photos R.A.N.

Charles Spindler était résolument contre l’occupation allemande et pour mettre en avant les traditions alsaciennes à travers leurs racines françaises. Contre, également, le fut Jean-Jacques Waltz, figure alsacienne majeure des arts plastiques du siècle dernier. Il se disait clairement patriote et cultivait la haine de l’envahisseur. Même nostalgie d’une culture originelle, même attachement à une « Alsace heureuse ». Ses livres se ressentent de cet amour pour le sol natal alors que l’enfant occupe partout, dans son œuvre, le devant de la scène. « Mon village » donne à voir en miniature ce que montrent les aquarelles de Spindler, une multitude de galeries où l’œil infaillible de Hansi restitue costumes et décors villageois. « L’Alsace Heureuse » raconte des moments importants de sa vie, son évasion de l’Allemagne ou son combat du côté des Français. Encore une fois les éditions originales de ces deux ouvrages (publiés chez H. Floury) que l’on peut acquérir pour quelques centaines d’euros ne manqueront pas de réjouir les amateurs de livres d’art. Tous les autres ne resteront pas sur leur faim puisqu’avec trois ou quatre dizaines d’euros ils pourront aussi mettre la main sur ces livres cultes de l’enfant terrible de la région.

La carte postale est un autre genre où excelle ce monstre sacré de l’illustration et les amateurs parcourrons avec bonheur le livre de Paul Steinmann et René Candir (ed. Jérôme / Do Benzinger), un recueil quasi exhaustif des cartes postales de Hansi entre 1895 et 1951.

 


Vos prochains points de chute :

La maison Spindler à Saint-Léonard dans le Bas-Rhin.
http://www.spindler.tm.fr

Le musée Hansi à Riquewihr.
Tél. : 03 89 47 97 00