Comment choisir l’arbre de vos fêtes

© D.B etsch
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Il y a sapin et… sapin. Certes, les conifères qui accompagnent vos fêtes ont tous des aiguilles et vous tendent les bras mais à y voir de près, ils ne sont pas tous pareils.
Christian Loew, la main verte en toutes saisons.

Christian Loew,
la main verte en toutes saisons.

Comment s’y retrouver ? Pour y voir plus clair, nous sommes montés à près de 500 mètres d’altitude dans la vallée de la Bruche. Ce n’est-pas le Yukon ni le Grand Nord mais ce territoire montagneux des Vosges bas-rhinoises est le berceau d’arbres majestueux liés à la légende de Noël. Un massif verdoyant et forestier, pays à part entière de l’Alsace, parcouru de vallées, vallons et ruisseaux en cascades. Notre destination est le lieu-dit Le Grand Ahlan à Bourg-Bruche où s’étend, perchée sur un promontoire, la propriété de Christian Loew, planteur de sapins de son état.
Grâce à lui, nous allons tout savoir sur le fameux arbre vert, sa provenance, ses variétés… Et surtout être bien armés pour faire le bon choix à l’heure de son acquisition, sur le marché de Noël ou chez le fleuriste. Ô Taaaannenbaum !
Christian nous emmène vers ses plantations où se dressent, sagement alignés, comme pour un défilé, des centaines de jeunes conifères. Tout en bas, sous nos pieds, une vallée aux palettes de vert et de gris souligne sur ces terres le règne incontesté du roi sapin.
C’est l’heure des présentations. Christian nous arrête devant un premier spécimen. Abies nordmannia, Nordmann pour les intimes. Enchanté ! Il vient du nord car sa graine germe volontiers sous des climats rudes comme ceux du Caucase. C’est le best-seller. Le plus vendu des sapins. Le Nordmann ne pousse pas dans nos forêts mais il est d’une grande générosité dans ses aiguilles, qui piquent peu et supportent la chaleur. Bien bâti, bien emplumé : cette variété d’importation est celle qui occupe le plus gros du paysage de Noël.

Des ancêtres vosgiens

© Photo R.A.N.

De gauche à droite, aiguilles d’Abies grandis, Abies nobilis et Abies nordmannia.

Suite des présentations. Abies nobilis. Vous avez tout compris, la nouvelle série de conifères que Christian nous fait découvrir joue dans la cour des grands. Ces sapins « nobles », plus rares, sont reconnaissables à leurs tons gris-bleu et à leur galbe tout rondouillet qui fait d’eux les partenaires idéaux pour toutes sortes d’arrangements et de décos de fêtes. On est dans la haute couture et le prix suit la tendance : 30 % de plus que le Nordmann, dixit Christian. Variété d’importation toujours.
Troisième larron : l’Abies grandis. Encore bravo, vous avez deviné, le Grandis est de la race des géants. Ces derniers nommés aussi Sapins de Vancouver ont pour taille du XXL. D’importation également, ils sont moins denses que le Nordmann. Mais, nous précise notre guide, tout est question de goût. Le Grandis est moins cher que le Nordmann qui est moins cher que le Nobilis. Tous les trois classés au rayon plantations, autrement dit ne poussant pas naturellement dans nos régions.
Mais quid du « vrai » sapin ? On y arrive, on y arrive ! Le voici, droit dans ses bottes, dépassant d’une bonne tête ses confrères. Abies pectinata, le Sapin pectiné, majestueux, nous accueille au bord d’une pièce d’eau. Lui pousse bien dans la forêt vosgienne mais il a été détrôné par le Nordmann, plus résistant à la chaleur. Même destinée pour l’Epicéa, Picea abies, l’autre sapin habitué de la forêt vosgienne dont un spécimen imposant se tient non loin de nous, hérissé d’aiguilles lui donnant des airs de vieux de la montagne. C’est l’arbre de tradition par excellence. Nous le saluons au passage en lui souhaitant une paisible existence dans sa sa patrie vosgienne.


Coordonnées

Tél. : 06 30 97 19 99

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De la forêt au salon

Acheter directement chez le producteur, c’est s’assurer d’un choix de qualité. Un peu comme aller cueillir soi-même ses légumes chez le maraîcher. Vous choisissez votre sapin in situ et vous le coupez vous-même. C’est ce qu’on appelle un « circuit court ». Le matériel est à votre disposition. Pas de mauvaise surprise, pas de sapin desséché avant l’heure. Les prix sont fonction de la taille et des variétés. Et, s’agissant de cultures, vous ne prélevez pas sur le milieu naturel. Optez pour la tendance écolo.

Focus

Entre sens pratique et tradition

Argh ! Ces aiguilles de sapins qui jonchent la moquette et vous font donner de l’aspirateur au lendemain des fêtes… C’est le prix à payer quand on invite la nature chez soi. Mortel, le chauffage par le sol ! N’oublions pas que les conifères n’ont pas de chauffage central à la maison. D’où le succès du trio Nordmann - Nobilis - Grandis. Les trois variétés « étrangères » les plus vendues gardent leurs aiguilles contre vents et radiateurs. Ce qui explique leur succès, au détriment du Sapin pectiné et de l’Epicéa, les locaux qui, eux, laissent des plumes dans l’aventure.