Turckheim « Avent » l’heure déjà la fête

© C. Meyer
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Les nuits de Turckheim sont loin d’être désertes ou ennuyeuses. Durant l'Avent, en particulier, ça se bouscule (gentiment) sous les fenêtres.

Place de la Mairie, chaque soir, dès le premier décembre, un rituel immuable fait revivre aux yeux du public la scénographique du calendrier géant de Turckheim. Une vieille tradition rhénane qui veut qu’à 17 heures, pendant l’Avent, un allumeur de réverbères ouvre chaque soir devant la foule une fenêtre illuminée de ce calendrier évoquant un personnage de Noël ou un événement emblématique de cette période. Le cérémonial est orchestré par de petits porteurs d’étoiles et chaque fenêtre devient l’occasion de raconter une histoire ayant trait à l’image ou au saint du jour. Parmi les moments forts, la Saint-Nicolas, le 6 décembre, ou la Sainte-Lucie, le 13 décembre. Il arrive aussi que la Sainte-Barbe (le 4 décembre) soit célébrée en grande pompe (sans jeu de mots facile) par les pompiers, qui rendent ainsi hommage à leur patronne.

© OT Munster

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Et comme il fait quand même frais l’hiver dans les cours et ruelles pittoresques de la cité médiévale, on aime bien atterrir du côté d’un wihnacht’s stewala (café de Noël) pour se réchauffer avec un chocolat ou un vin chaud accompagnés de gâteaux de Noël. La salle de la Décapole et la salle Brand de l’Hôtel de Ville ont tout compris en se transformant en stewala pour accueillir les visiteurs autour de petites tables nappées de rouge et de blanc qui seront animées par des artistes ou artisans exposant leurs créations dans un petit marché. Conteuses et chanteurs seront aussi de la fête et l’on pourra même y reconnaître les jouets anciens de son enfance.

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Tél : 03 89 27 38 44

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Focus

Un soir, un enfant, une image

Au 19ème siècle, une tradition allemande voulait qu’on donne aux enfants des images pour les aider à patienter jusqu’au jour de Noël. Puis ces images devinrent de plus en plus somptueuses, adoptant des couleurs, reliefs, décorations en or et en argent, dentelles… De petits bijoux à conserver précieusement. Parfois, elles étaient logées au centre de triptyques qu’il fallait déplier pour les découvrir. De là à concevoir la fenêtre dissimulant l’image, il n’y eut qu’un pas à franchir. Ce qui fut fait, donnant naissance au calendrier à 25 cases que l’on ouvrait pour révéler chaque jour une superbe illustration. La tradition s’installa en Allemagne et en Alsace puis se répandit partout ailleurs en France, vers les années 1990, dans le sillage des marchés de Noël.